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Les questions que vous n’osez pas me poser… et auxquelles je vais peut-être répondre !

Photo du rédacteur: Joseph MARTINS
Joseph MARTINS
il y a 19 heures
5 min de lecture

Il y a les questions que l’on me pose. Celles que l’on n’ose pas me poser. Et puis il y a celles que je devine dans les regards, les hésitations ou les petites phrases du genre : « Je peux vous demander quelque chose ? »

Eh bien, aujourd’hui, c’est moi qui prends les devants !

Je suis Joseph Martins, peintre à la bouche, papa, conjoint, artiste et accessoirement spécialiste des journées qui ne se déroulent jamais tout à fait comme prévu.

Alors, on va parler de handicap, de peinture, de vie quotidienne et de toutes ces petites choses qui intriguent. Sans grand discours, sans leçon de morale et, si possible, avec le sourire.

Allez, on se lance !


1. « Mais comment faites-vous pour peindre avec la bouche ? »


Avec un pinceau, de la peinture et un peu de patience… Bon, d’accord, ce n’est pas tout à fait aussi simple !

Peindre à la bouche demande de la technique, de la précision, de l’entraînement et beaucoup de concentration. Chaque geste compte. Il faut trouver le bon angle, contrôler le pinceau et apprendre à traduire ce que l’on imagine sur la toile.

Comme pour n’importe quel artiste, il y a des essais, des erreurs et des moments où l’on se dit que ce fichu tableau ne ressemble absolument pas à ce qu’on avait en tête !

La différence, c’est ma façon de travailler. Mais au bout du compte, ce qui m’intéresse, c’est le résultat : les couleurs, la lumière et l’émotion que je veux transmettre.


2. « Est-ce que vous êtes complètement autonome ? »


Voilà une question que l’on n’ose pas toujours poser.

La vérité, c’est que l’autonomie ne signifie pas forcément tout faire seul. Elle peut aussi consister à organiser son quotidien, choisir ce que l’on veut faire, prendre des décisions et disposer des bonnes aides pour réaliser ses projets.

J’ai mon fonctionnement, mes habitudes, mon matériel et mes adaptations. Certaines choses demandent de l’organisation ou l’intervention d’autres personnes.

Mais comme tout le monde, j’aime pouvoir décider de ma journée, mener mes projets et faire mes propres choix.

Et entre nous, même les personnes qui n’ont aucun handicap ont parfois besoin d’un coup de main. Vous avez déjà essayé de monter un meuble IKEA sans vous disputer avec la notice ?


3. « Est-ce que vous pouvez faire de l’humour sur votre handicap ? »


Heureusement ! Sinon, certaines journées seraient franchement longues.

L’humour fait partie de la vie. Il permet de dédramatiser, de prendre du recul et de ne pas laisser chaque difficulté occuper toute la place.

Bien sûr, tout dépend de la situation, de la personne et de la manière dont les choses sont dites. Il y a une différence entre rire ensemble et se moquer de quelqu’un.

Mais je n’ai pas envie de passer ma vie à marcher sur des œufs — façon de parler, évidemment !

Je préfère une conversation naturelle à un silence gêné. Et si une bonne blague permet de briser la glace, pourquoi s’en priver ?


4. « Est-ce que vous en avez marre qu’on vous dise que vous êtes courageux ? »


C’est gentil, et je sais que c’est souvent sincère.

Mais parfois, je me demande si l’on dirait la même chose à un autre peintre qui vient de terminer son tableau.

Je travaille, je progresse, je crée, je recommence quand ça ne fonctionne pas. C’est aussi le quotidien d’un artiste.

Je n’ai pas besoin d’être un héros pour avoir envie de peindre. J’ai simplement une passion, des idées et des projets que j’ai envie de faire vivre.

Et puis, soyons honnêtes : certains jours, mon plus grand exploit, c’est surtout d’avoir terminé un tableau sans avoir envie de le recommencer entièrement !


5. « Est-ce que votre handicap vous empêche de faire des choses ? »


Oui, certaines choses sont compliquées, voire impossibles dans certaines conditions. Je ne vais pas prétendre le contraire.

Mais il y a une différence entre une chose difficile à réaliser et une chose à laquelle on renonce d’avance.

Il faut parfois adapter, anticiper, trouver une autre méthode ou accepter de demander de l’aide.

Et parfois, le problème ne vient même pas de mon handicap, mais de l’environnement : un lieu inaccessible, un équipement mal pensé ou une organisation qui n’a pas prévu qu’une personne comme moi puisse participer.

Ce qui me plaît, c’est de pouvoir chercher des solutions plutôt que de m'arrêter à la première difficulté.


6. « Est-ce que vous avez parfois envie de tout envoyer promener ? »



Évidemment !

Je suis peintre, pas moine tibétain en retraite dans l’Himalaya.

Il y a les journées où tout fonctionne, celles où le tableau avance merveilleusement bien et celles où rien ne se passe comme prévu.

Il y a aussi les rendez-vous compliqués, la fatigue, les imprévus et les petites contrariétés du quotidien.

Je peux être de mauvaise humeur, râler ou avoir besoin de souffler. Le handicap ne transforme pas quelqu’un en personne parfaitement patiente, toujours souriante et éternellement positive.

Heureusement, il y a aussi les bons moments, les projets qui avancent, les gens que j’aime et les pinceaux qui finissent par reprendre du service.


7. « Est-ce que vous aimeriez que les gens vous aident spontanément ? »


Pas forcément. Le mieux, c’est encore de me demander.

Une aide peut être très appréciable, mais encore faut-il qu’elle corresponde à ce dont j’ai besoin.

Parfois, on veut bien faire et l’on intervient immédiatement, sans prendre le temps de demander. Pourtant, une simple question suffit : « Est-ce que je peux vous aider ? »

Cela permet de respecter les choix de chacun et d’éviter les situations un peu absurdes où l’on vous aide à faire quelque chose que vous étiez justement en train de faire autrement.

La bonne intention, c’est bien. Écouter la personne concernée, c’est encore mieux.


8. « Est-ce que vous aimeriez que l’on parle moins de votre handicap ? »


J’aimerais surtout que l’on puisse en parler normalement.

Ni comme d’un sujet interdit, ni comme si c’était la seule chose intéressante à mon sujet.

Je suis un artiste qui peint à la bouche. Je suis aussi un conjoint, un papa, quelqu’un qui aime rire, qui a des opinions, des envies et des projets.

On peut parler de mon handicap, bien sûr. On peut aussi parler de peinture, de cinéma, de vacances, de famille ou du dernier tableau qui m’a donné du fil à retordre.

Finalement, ce qui compte, c’est de pouvoir être considéré dans son ensemble, sans être réduit à une seule caractéristique.


9. « Et si vous pouviez faire disparaître un préjugé, ce serait lequel ? »


Celui qui consiste à penser que le handicap résume une personne.

On peut avoir besoin d’aide dans certains domaines et être expert dans d’autres. On peut avoir des limitations et énormément de compétences. On peut vivre avec un handicap et avoir des préoccupations tout à fait ordinaires.

Je n’ai pas besoin que l’on imagine ma vie à ma place. J’ai surtout envie de pouvoir la vivre, la raconter et partager ce que je fais.

Et si mes tableaux peuvent attirer votre attention avant même que vous vous demandiez comment je les ai peints, alors c’est déjà une belle chose.


10. « Alors, quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ? »


Peut-être celle-ci : « Joseph, qu’est-ce que tu as envie de peindre maintenant ? »

Parce que c’est là que tout commence.

Une idée, une couleur, un paysage, un souvenir ou une émotion. Puis vient le travail, la recherche, les essais et, petit à petit, le tableau prend forme.

C’est ce qui me passionne. C’est ce que j’ai envie de partager.

Mon handicap fait partie de mon histoire, mais il ne raconte pas toute mon histoire.

Et maintenant, c’est à vous !


À votre tour de poser vos questions. Il y en a une que vous vous êtes toujours posée sans jamais oser la formuler ? Une question sur ma peinture, mon quotidien ou mon parcours ?


Vous pouvez me la laisser en commentaire. Je vous promets une réponse aussi sincère que possible… avec, selon la question, un peu d’humour en supplément !


Joseph

 
 
 

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